Le 31 janvier 2010
Match de gala au vélodrome : Rennes 22 - Blois 16
Rennais et Blésois ont offert aux courageux supporters qui avaient bravé le froid d'un dimanche hivernal au stade vélodrome une prestation haut de gamme, véritable festival d'intensité, d'engagement, de suspense et de spectacle.
Rarement cette année les étudiants bretons n'avaient aussi bien récité leur rugby. Les esprits chagrins regretteront le dernier essai de pénalité généreusement accordé par l'arbitre pour récompenser les efforts des visiteurs. Essai qui transforme le point de bonus offensif mérité des locaux en un bonus défensif non pas usurpé, mais pour le moins inespéré pour le camp d'en face.
Retour sur un match mémorable dont le compte-rendu ci-dessous ne restituera qu'imparfaitement la tension et l'émotion qu'il a suscité en nous.
Les protégés de Jammes avaient faim de point. Le match aller leur avait laissé un goût amer tant ils auraient dû l'emporter sans un moment d'absence regrettable de l'arbitre oubliant, au plus fort de la domination rennaise, de leur valider un essai parfaitement valable (comme l'ont reconnu unanimement plus tard tous les témoins de la scène - presse, supporters, adversaires, délégué).
De leur côté, les blésois, en délicatesse avec le classement, avaient besoin de points pour quitter la zone dangereuse et mettre fin à une série de cinq revers de rang.
De fait, l'entame ne pouvait être que musclée. Elle le fut, et à ce petit jeu les visiteurs tirèrent les premiers. Débordant de tonus et d'une (saine) agressivité, les Blésois avançaient sur tous les impacts - témoin cette charge de Poulain qui renversa littéralement Hugonnier - et n'hésitaient pas à lacher les ballons pour leurs trois-quarts qui se montraient incisifs. C'est fort logiquement que Rabineau inscrivit les trois premiers points de la rencontre. Mais si doute il y avait sur l'état d'esprit des Rennais, leur permit de les dissiper rapidement : les locaux mirent le feu aux quatre coins du terrain pour rapidement égaliser.
Après ce premier quart d'heure exceptionnel, on se doutait qu'une des équipes était en surrégime et fatalement faiblirait. Et en effet, les visiteurs commençèrent à donner des signes d'essouflement. A rendre des ballons au pied au troisième rideau rennais... et à se faire châtier par la triplette Herbert-Veysseyre-Perrot. Car si les bleus et jaunes avaient baissé de régime, les locaux étaient toujours pied au plancher, et dominaient sans partage le reste de la première mi-temps. Sans quelques petites fautes, ils auraient pu et dû marquer plusieurs fois. Mais Tupinier, bien décalé par Guillaudeux, échouait à un petit mètre de la ligne. Mais l'essai personnel de Paul Herbert était refusé - à juste titre semble-t-il - pour un petit en-avant. Et Hugonnier - excellent jusqu'à écoeurer ses adversaires avec son jeu au pied de récupération - manquait la cible sur sa deuxième tentative de but.
La pause était donc atteinte avec un score de 3-3, et c'est peu de dire qu'il était indigne du spectacle proposé par les 30 acteurs de ce premier acte.
Revigorés par les citrons et par le discours de leur entraîneur, les visiteurs retrouvaient un peu de leur agressivité qui avait fait si mal en début de rencontre. Ils imposaient 15 minutes terribles dès la reprise. La défense réciste tenait bien le choc, mais le jeu se déroulait désormais dans le camp rennais. Acculés, les hommes de James résistaient à la tortue blésoise mais se mettaient à la faute et Rabineau, après avoir touché du bois sur sa première tentative, transformait sa seconde pénalité. 6-3 à l'heure de jeu, l'orage était passé, il était temps de dissiper les derniers nuages selon la méthode chinoise, c'est à dire à l'aide de quelques fusées.
C'est Varin, intelligemment décalé par Hugonnier, qui plantait la première bandrille en s'enfonçant sur quarante mètres dans une défense jaunarde à l'agonie. Repris à quelques mètres de la ligne, il offrait néanmoins une pénaltouche à ses avants et provoquait l'exclusion temporaire d'un avant adverse. Les gros manquaient l'occasion, mais obtenaient tout de même une mêlée toujours dans les 22 mètres des visiteurs. Arazam en profitait aors pour partir au ras, retarder son geste et décaler un Théo Kerforn tout juste entré en jeu d'une magistrale passe lobée. Goulûment engouffré dans l'intervalle, ce dernier ponctuait d'un plongeon rageur son premier essai sous le maillot monochrome.
Quelques minutes plus tard, Hugonnier décalait cette fois superbement Le Calvez, fraîchement entré en jeu lui aussi, qui transpercçait le premier rideau à pleine vitesse avant de mystifier les deux derniers défenseurs avec sa pointe de vitesse ravageuse. 17-6.
Et ce n'était pas fini. Après un drop réussi et une pénalité manquée (?) de Rabineau, Le Calvez (toujours lui) s'offrait le doublé au terme d'un dribbling de plus de 50m non sans avoir laissé sur place le pourtant véloce Adriaanse. Hugonnier touchait du bois sur la transformation, et le score passait à 22-9, bonus offensif virtuel en prime.
Peut-être un peu enivré par leur réussite, les Rennais commettaient alors l'erreur de vouloir jouer depuis leur 22m sur le renvoi, et se faisaient contrer. Déjà réduits à 14, ils subissaient le baroud d'honneur des visiteurs. Bientôt réduits à 13, ils concédaient, à l'ultime seconde du match, un essai de pénalité peu évident sur un hors-jeu de ligne, tant il semblait improbable que les trois-quarts blésois marquent sur cette action. Mais passons, l'essentiel était ailleurs. Dans cette volonté d'aller de l'avant et de marquer des essais. Dans cette cohésion du paquet d'avant qui lui permet de faire jeu égal avec des packs bien plus lourds. Dans cette envie de mettre en oeuvre sur le terrain le dimanche les principes travaillés pendant la semaine. Dans cette homogénéité des 22 joueurs sur la feuille, et du groupe sénior au sens large, qui fait que quels que soient les 15 sur le terrain, le rendement reste peu ou prou le même.
C'est gars-là font plaisir à voir, et il nous tarde de les retrouver dès dimanche prochain face à Trignac pour un match qui s'annonce encore plus chaud-bouillant !
3 essais de Le Calvez 63e, 72e),Kerforn (55e)
2 transformations (55e, 63e), 1 pénalité (15e) de Hugonnier
Cartons blancs : Françoise, B. Herbert
1 essai de pénalité (80e)
2 pénalités (4e, 50e), 1 drop (60e) et une transformation (80e) de Rabineau
Carton blanc : le numéro 6
Les meilleurs joueurs :
1- LE CALVEZ
2- VEYSSEYRE
3 ex- GOUFAN et JOSSE
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